DÉVOTION DES SAINTS, BIENHEUREUX, VÉNÉRABLES ET PERSONNAGES CÉLÈBRES


  1. Préambule

Dans le domaine du salut, les Saints jouent le rôle de témoins de la lumière du Christ pour les fidèles. La grandeur d’un Saint se mesure au nombre de dévots qui s’engagent sur le chemin de la perfection, en suivant ses traces. Tertullien affirmait que le sang des martyrs est une semence qui fait naître beaucoup d’autres chrétiens. Pour la martyre Philomène, nous pouvons déclarer que son sang est devenu un puissant instrument salvateur pour d’innombrables fidèles de tout milieu social. Non seulement des Papes mais aussi des Saints, des Bienheureux et des Vénérables de l’Église ont vénéré la Vierge et Martyre de Mugnano del Cardinale : un vrai record ! Nous évoquerons seulement certains d’entre eux, pour la gloire de Dieu et de Sainte Philomène, notre Sainte.

 

  1. Des Saints qui ont été des dévots de Sainte Philomène

a – Saint Pie X (1835-1914)

La dévotion de ce Pape pour la Sainte a été évoquée au chapitre de la dévotion des Papes et des ex-voto qu’ils ont offerts au Sanctuaire de Mugnano. Nous voulons seulement ajouter ici que la grande dévotion et l’estime que Pie X avait pour le Curé d’Ars, grand dévot de Sainte Philomène, l’ont poussé à aimer encore plus notre Sainte.

b – Saint Jean-Marie Vianney, Curé d’Ars (1786-1859)

Parmi les plus belles âmes, ardentes de dévotion pour Sainte Philomène, celle qui mérite la première place est celle du Saint Curé d’Ars. C’est Pauline Jaricot qui lui parla de la Sainte de Mugnano et la lui fit connaître. C’est elle qui lui offrit une de ses reliques. Il n’est pas de biographie du Curé d’Ars qui ne parle de notre Sainte. En France, il fut le principal promoteur de la dévotion envers la Sainte de Mugnano. Dans son église paroissiale, il fit placer une statue de Sainte Philomène et voulut qu’une basilique en son honneur soit construite à Ars. Celle-ci, construite selon le style de celle de Fourvière qui domine Lyon, fut terminée après la mort de Saint Jean-Marie Vianney (fig.21). Le saint Curé attribuait à l’intercession de notre Sainte les si nombreux miracles survenus en Ars.

c – Saint Pierre-Louis Marie Chanel (1803-1841)

Saint Pierre Louis Marie Chanel naquit à Cuet dans le diocèse de Belley, dont Ars fait aussi partie. Il fut missionnaire et premier martyr (28/04/1841) de l’Océanie mystérieuse et sauvage. C’est à ce même Curé d’Ars qu’il fut redevable de sa dévotion à Sainte Philomène. Quand il s’embarqua en 1836 pour l’Archipel de Tonga, dans son bréviaire, il y avait trois petites images : la Madone, Saint Joseph et Sainte Philomène. Dans les moments difficiles de son apostolat parmi les indigènes méfiants et hostiles, c’est vers la petite Sainte de Mugnano qu’il se tournait. Quoique non expert en formules, il en a lancé une, confiant en « une Sainte pour laquelle  il nourrit une grande dévotion». En l’honneur de la Sainte, chaque année, il récitait une neuvaine au moment de sa fête. À l’un de ses premiers baptisés, il donna le prénom de Marie Philomène.

d – Saint Pierre-Julien Marie Eymard (1811-1868)

Son grand mérite fut de fonder, en 1856, la Congrégation des Religieux du Très-Saint-Sacrement. Il était l’ami intime du Curé d’Ars qu’il rencontrait fréquemment. Il fut aussi le disciple et l’ami du Père Colin. Comme eux il nourrissait une grande dévotion envers Sainte Philomène. Il aimait s’agenouiller devant le reliquaire de la Sainte. En 1854, il fut guéri par la Martyre après avoir fait une neuvaine en son honneur.

e – Sainte Madeleine-Sophie Barat (1779-1865)

Grande dévote de Sainte Philomène, elle fonda en 1802 la Congrégation des Dames du Sacré Cœur. Dans les moments difficiles de sa vie et de son ordre religieux, Mère Barat invoquait avec confiance la Sainte de Mugnano.  Dans sa biographie, il est rapporté que le 11 septembre 1846, une de ses novices, Mademoiselle Monestrol, devait subir une opération chirurgicale. Tandis que les médecins préparaient leurs instruments, Mère Barat demanda à la novice de faire le vœu de partir pour les Amériques et elle posa les mains sur la partie malade. Les médecins constatèrent que la patiente était guérie et, stupéfaits, affirmèrent que ce qui était arrivé était inexplicable selon la science. Mère Barat attribua la guérison à Sainte Philomène qu’elle avait invoquée.

 

f – Saint Jean Népomucène Neumann (1811-1860)

Saint Jean Népomucène Neumann naquit en Bohème le 28 mars 1811. Ayant terminé ses études de théologie, il ne put être ordonné prêtre par un concours de circonstances. Il décida alors de se rendre en France et de s’embarquer pour les Etats-Unis ; il arriva à Manhattan en 1836. Après son arrivée en Amérique, il fut accueilli par l’Évêque John Dubois et ordonné prêtre la même année. En 1840, il entra dans la Congrégation du Très-Saint Rédempteur, fondée par Saint Alphonse-Marie de Liguori. Il se dédia au travail missionnaire dans les États de New York, Pennsylvanie et New Jersey, et à l’éducation chrétienne de la jeunesse en créant beaucoup d’écoles catholiques paroissiales. Quand, en 1844, il eut la charge de Supérieur de l’Ordre des Rédemptoristes et de Recteur de la vieille église de Sainte Philomène à Pittsburgh, il s’attacha avec beaucoup de zèle à la construction de la nouvelle église en l’honneur de Sainte Philomène, l’ancienne, appelée alors « Église de la ferme » en ce sens qu’elle avait été installée dans un vieux bâtiment industriel désaffecté, ayant été démolie. Très sûr de l’aide de la Martyre, « à qui Dieu ne refuse rien pour celui qui l’invoque », sans se préoccuper des difficultés économiques et souvent littéralement sans le sou, il mena à terme, en 1846, la construction de la nouvelle église de Sainte Philomène, accomplissant une œuvre humainement quasi impossible et d’une grande importance religieuse.  Nommé Évêque de Philadelphie en 1852, il intensifia son œuvre missionnaire et pastorale. Il fit construire cinq autres églises et lança la construction de la Cathédrale de Philadelphie. Après une vie sainte et active, il laissa la terre pour le Ciel en 1860. Grâce à sa mission pastorale et à son zèle missionnaire, la dévotion à notre Sainte s’implanta solidement en Pennsylvanie.

 

g – Sainte Françoise-Xavier Cabrini (1850-1917).

Sainte Françoise Cabrini est née à Sant’Angelo Lodigiano (Milan) le 15 juillet 1850 dans une famille très catholique. Animée d’une forte vocation pour la vie missionnaire, elle fonda en 1880 à Cotogno (Milan) L’Institut des Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus. En 1896, en se rendant à Rome, dans l’Église du Jésus, elle fit vœu de partir en mission en Orient et fonda la Maison Mère de l’Institut. Encouragée par le Pape Léon XIII lui-même, en 1889 elle partit pour New York, avec quelques consœurs, afin d’entreprendre l’activité missionnaire d’aide aux émigrants italiens.  Au cours de ses nombreux voyages, spécialement celui de New York à Buenos Aires et celui à travers les Andes, elle portait toujours avec elle une statuette de Sainte Philomène. Nous pouvons dire avec certitude que Françoise Cabrini, comme l’Évêque de Philadelphie Mgr Neumann, a eu plus que tout autre le mérite de promouvoir la dévotion à la Sainte en Amérique. Elle mourut à Chicago en 1917. Son corps est conservé dans la ville de New York. Des reliques importantes se trouvent à Chicago et à Cotogno. Pie XII la déclara Patronne Universelle des Émigrants.

 

h – Saint Pie de Pietrelcina (1887-1968)

Pour Saint Pie de Pietrelcina, Sainte Philomène était la « Petite Princesse du Paradis ». Sa dévotion pour la Sainte commence déjà en famille, et sa sœur porte le prénom de Philomène.  Elle se renforce à Morcone lieu du noviciat où, à la fin juillet, on fêtait avec beaucoup de solennité la fête de Sainte Philomène. Elle se poursuit au Couvent de San Giovanni Rotondo (Foggia) dans la Capitanata des Capucins où la Sainte était très vénérée. Depuis la réforme liturgique de 1961, Padre Pio répondait d’une façon péremptoire à ceux qui osaient mettre en doute l’existence de la Sainte : « Béni soit Dieu ! Il se peut aussi qu’elle ne s’appelle pas Philomène ! Mais cette Sainte a pourtant fait des miracles et ce n’est pas le nom qui les a faits. » C’est la réponse la plus sage : que celui qui veut entendre, entende !

i – Sainte Madeleine Gabrielle de Canossa (1774-1835)

Madeleine Gabrielle des Marquis de Canossa est née à Vérone le 1er mai 1774. En 1808, dégagée des obligations familiales, elle fonda l’Ordre des Canossiennes (Œuvre des Filles de la Charité), institution de grande portée religieuse et humaine. Cet ordre religieux se consacrait à l’enseignement du catéchisme, à l’éducation des enfants pauvres et à l’assistance des malades dans les hôpitaux. Mère Madeleine, dans ses lettres, exhortait continuellement ses religieuses à l’amour du Christ et de la Vierge des Douleurs, et les confiait à la protection de Sainte Philomène (cf. Œuvre épistolaire de la Bienheureuse Madeleine de Canossa). En voici tout de suite un extrait. Dans une de ses lettres, elle exhorte Rosa Polli, Vice Supérieure à Milan, à prier Sainte Philomène « glorifiée par Dieu par des miracles tels qu’en Romagne on l’appelle la Thaumaturge » pour sa Supérieure malade (lettre du 14 juillet 1834) : témoignage d’amour et de foi envers notre Sainte. Beaucoup d’autres lettres – dans lesquelles Madeleine Gabrielle de Canossa invoque la protection de Sainte Philomène pour les besoins de ses sœurs – sont recueillies dans le volume III/5 de son œuvre épistolaire. Elle mourut en 1835.

 

 

j – Saint Hannibal Marie Di Francia (1851-1927)

Natif de Messine, il est unanimement reconnu comme l’Apôtre de la prière pour les vocations et Père des pauvres et des orphelins. Il fonda deux familles religieuses (Rogationnistes et Filles du Divin zèle). En se référant à Sainte Philomène, il avait l’habitude d’affirmer : « Sainte Philomène est devenue célèbre pour les grands miracles que le Seigneur accomplissait par son intermédiaire ».

k – Saint Damien de Veuster (1840-1889)

Père Damien, missionnaire belge de la Congrégation des Sacrés-Cœurs, passa sa vie à assister spirituellement et à soigner les malades de la lèpre, relégués dans l’île de Molokai dans l’archipel des Hawaï.  Grand dévot de Sainte Philomène, il lui dédia la première chapelle qu’il construisit dans la léproserie (cf. : F. Trochu, op. cit., p. 200). Lui-même consumé par l’horrible maladie mourra à 49 ans, laissant cet enfer pour le Paradis.  Il lutta vaillamment contre la discrimination des lépreux et son témoignage lumineux sera suivi d’importantes réalisations.  L’année même de la mort (1889) de cet héroïque Père des lépreux, une Association pour la lutte contre la lèpre fut fondée à Londres, puis suivirent beaucoup d’autres initiatives dans le monde entier pour l’aide aux innombrables malades.  En 2009, le Pape Benoît XVI fit élever à la gloire des Autels ce martyre de l’amour pour les fils de Dieu les plus déshérités et les plus exclus.

 

  1. Bienheureux, dévots de Sainte Philomène

a – Le Bienheureux Bartolo Longo (1841-1926)

Même le Bienheureux Bartolo Longo, fondateur du célèbre Sanctuaire de Pompéi et des œuvres annexes, fut un grand dévot de Sainte Philomène. S’appuyant sur les « Révélations » de la mystique napolitaine Sœur Marie-Louise de Jésus, en 1896, il écrivit une « Vie de Sainte Philomène Vierge et Martyre ».Le 9 juin 1896, l’avocat Bartolo Longo vint avec sa sœur Marianna De Fusco en pèlerinage au Sanctuaire de Sainte Philomène, il écouta une messe qu’il servit lui-même et avant de partir, il écrivit dans le registre des visiteurs : « Aujourd’hui 9 juin 1896 j’ai eu l’ineffable bonheur d’apporter à l’insigne Vierge et Martyre Sainte Philomène une fleur de mon imprimerie et de mes Enfants de Prisonniers que j’ai mis sous la protection de la grande Apôtre du Christ, Sainte Philomène, avec mes orphelines et toutes les œuvres de Pompéi ».  De plus, dans le fascicule de juin 1902 intitulé Le Rosaire et la Nouvelle Pompéi (p. 204), Bartolo Longo publia un bref article intitulé Le premier centenaire de la découverte et du transfert du corps de Sainte Philomène V. et M., dans lequel on lit aussi : « Le 25 mai de cette année, a lieu le premier centenaire solennel de la découverte du corps de Sainte Philomène V. et M. à Rome […]. Reconnaissant à l’illustre Vierge et Martyre pour les grâces obtenues, j’ai voulu lui rendre hommage en écrivant sa « Vie » dans un petit livre édité par l’école d’imprimerie des Enfants des Prisonniers. »

b – La Bienheureuse Anne-Marie Taïgi (1769-1837).

La Bienheureuse Anne-Marie Taïgi fut une fervente dévote de Sainte Philomène qui expérimenta souvent personnellement sa puissante intercession. Elle obtint entre autres la guérison d’une de ses petites-filles. Le père jésuite P. Gabriel Bouffier affirme que cette admirable mère invoquait chaque soir, avec sa famille, la petite Martyre des Catacombes. Elle avait exposé son image dans sa maison et, sur le point de mourir, en modèle de mère chrétienne, après avoir fait ses ultimes recommandations à ses enfants, elle les mit surtout sous la protection de Sainte Philomène dont elle avait toujours propagé le culte.

c – Le Bienheureux Pie IX (1792-1878)

La dévotion de ce Pape fut profonde et sincère tout au long de sa vie. En 1849, il vint dans notre Sanctuaire. Dans chaque chapitre de ce livre, son nom est présent : dans le chapitre des miracles (lui-même, étant jeune, fut guéri par l’intercession de la Sainte) ; dans le chapitre des Documents liturgiques et dévotionnels ; dans le chapitre des ex voto et de la dévotion des Papes pour la Sainte. Pie IX fut un grand et illustre chantre de Sainte Philomène. Entre autres, il la proclama Patronne secondaire du grand Royaume de Naples.

 

  1. Vénérables et Serviteurs de Dieu, dévots de Sainte Philomène

a – La Vénérable Pauline Marie Jaricot (1799-1862).

Pauline Marie Jaricot, fondatrice du Rosaire Vivant et de l’Œuvre de la Propagation de la Foi fut très appréciée du Pape Grégoire XVI qui voulut la recevoir en personne quand elle passa par Rome, pour aller à Mugnano chercher sa guérison auprès de notre Sainte. Le retentissant miracle de sa guérison amènera le Pape Grégoire XVI, qui le vérifia personnellement, à signer le fameux décret de 1837. C’est elle qui donna la relique de Sainte Philomène au Curé d’Ars et qui s’employa à promouvoir sa dévotion à Lyon et dans la France entière.

b – La Servante de Dieu Sœur Marie-Louise de Jésus (1799-1875).

Marie Carmela Ascione de nom laïc, à dix-huit ans, endossa l’habit des sœurs dominicaines et prit le nom de Sœur Marie-Louise de Jésus. Plus tard, émerveillée par la diffusion du culte de Sainte Philomène et par le retentissement de ses miracles dans le Royaume des Deux-Siciles, elle fondera la famille religieuse des « Oblates de la Madone des Sept-Douleurs et de Sainte Philomène ». Ses écrits et son autobiographie montrent un style clair et simple, et une doctrine ascétique profonde. Sa dévotion pour notre Sainte fut grande et sincère. Toutefois, ses « Révélations » sur la vie et le martyre de Sainte Philomène (fig.22), tout en répondant au besoin populaire d’un supplément de connaissances, ont eu pour effet de reléguer notre Sainte Martyre un peu dans la légende, en la détachant de l’histoire. En réalité, le culte de Sainte Philomène n’est pas parti de ses révélations et ne s’est pas divulgué à partir d’elles. L’Église, dans tous les actes officiels relatifs au culte de notre Martyre, n’en a jamais tenu compte. Demeurent toutefois la dévotion sincère de Sœur Marie-Louise et l’influence bénéfique que ses écrits ont eue sur la propagation de la vénération de Sainte Philomène.

c – La Vénérable Marie-Christine de Savoie (1812-1836) 

Née à Cagliari en 1812, la Vénérable Marie-Christine de Savoie – première épouse du Roi Ferdinand II et mère de François II, le dernier Roi de Naples – fut un modèle de charité et de piété chrétiennes dans le Royaume des Deux-Siciles. Elle eut une grande dévotion pour Sainte Philomène. Avec son mari Ferdinand II, elle vint pour la première fois au Sanctuaire de Mugnano del Cardinale, le 11 avril 1835. La pieuse Reine était mariée depuis trois déjà et ne donnait aucun signe de fécondité. Tout de suite après la visite au Sanctuaire, l’heureuse nouvelle de la conception de l’héritier au trône fut annoncée ; la Reine attribua cette aide à l’intercession de Sainte Philomène. En gage de reconnaissance, elle voulut que l’on construise à Mugnano un orphelinat féminin dédié à la Sainte, orphelinat que son auguste époux fit réaliser. Elle vint au moins dix fois à Mugnano et, dans le trésor du Sanctuaire, se trouvent ses ex voto. Elle laissa cette terre pour le Ciel le 31 janvier 1836, au milieu de la consternation générale. Elle avait un peu plus de vingt-trois ans et était Reine depuis à peine trois ans. Après les funérailles solennelles, son corps fut inhumé dans la Basilique Sainte Claire à Naples où elle repose encore. La mort de la jeune souveraine provoqua une grande douleur et sa réputation de sainteté s’accrut. Le peuple accourait pour prier sur la tombe de la « Sainte Reine ». Beaucoup de prodiges survinrent par son intercession. Pie IX en 1853 la proclama Vénérable et Pie XI en 1937 déclara ses vertus héroïques. Dans les nombreuses biographies, c’est la grande dévotion de Marie-Christine de Savoie (fig.23) pour Sainte Philomène qui est soulignée.

 

d – La Servante de Dieu Julie Colbert (1785-1864)

Julie Colbert, Marquise de Barolo, s’impose comme l’une des figures les plus extraordinaires du dix-neuvième siècle. Elle fut très dévote à Sainte Philomène et très attachée à son Sanctuaire. Elle a diffusé la dévotion à la Sainte dans la ville de Turin. À la cour de Napoléon, elle connut le Comte Charles Tancredi Falletti qui devint son mari en 1814. Sans enfants, veuve en 1838, elle consacra sa vie aux œuvres de charité et au rapatriement des prisonniers. À cette œuvre d’aide sociale et chrétienne, elle se donnera entièrement et fera don de sa fortune considérable. Elle fonda les Filles de Jésus Bon Pasteur. La Marquise de Barolo vint au Sanctuaire en janvier 1834 et en février 1852, où elle laissa un cœur d’argent et une lettre pour grâce reçue. La Marquise dédia à la Sainte une de ses plus belles fondations : un petit hôpital pour les fillettes malades et estropiées.

e – Le Serviteur de Dieu André Philomène Garcia (1800-1853)

Parmi les dévots de Sainte Philomène, le Serviteur de Dieu Frère André Philomène Garcia, par sa simplicité nous rappelle le saint Curé d’Ars. Natif des îles Canaries (1800), émigré à Montevideo à l’âge de vingt-trois ans, il devint frère mendiant chez les franciscains de Santiago. Pendant de nombreuses années, il parcourut villes et campagnes du Chili portant dans une main la petite boîte des offrandes et dans l’autre une grande image de Sainte Philomène qu’il montrait à tous. À ceux qui s’arrêtaient pour l’écouter, Frère Garcia racontait quelques miracles de la petite Sainte, les laissant édifiés. Il composa des prières et des hymnes en l’honneur de Sainte Philomène. Il mourut à Santiago en 1853. Deux ans après, son corps fut retrouvé intact et fut inhumé dans l’église de son couvent près de l’autel de Sainte Philomène.

 

 

 

 

f – Le Vénérable Père Vito Michele Di Netta (1787-1849)

Vito Michele Di Netta, dit l’Apôtre des Calabres, naquit à Vallata (Avellino) le 26 février 1787. Il fut une héroïque figure de missionnaire de la Congrégation du Très Saint Rédempteur fondée par Saint Alphonse Marie de Liguori, Docteur de l’Eglise dont la prédication à Nola est restée mémorable. Appelé par Dieu, après avoir fait ses études au Séminaire de Sant’Angelo dei Lombardi, il entra au noviciat des Pères Rédemptoristes de Sant’Angelo a Cupolo, près de Bénévent. Ordonné prêtre le 30 mars 1811, il fut envoyé dans les Calabres où il prêcha des missions populaires en parcourant par terre et par mer la région entière. Il œuvra surtout à Catanzaro et à Tropea où en 1822 il devint Recteur du couvent des Pères Rédemptoristes. Il mourut en odeur de sainteté, le 3 décembre 1849. Il fut déclaré Vénérable par Pie XI en 1935.  Le Père Di Netta nourrissait une grande dévotion envers Sainte Philomène qu’il invoquait toujours dans les difficultés et les dangers qu’il devait affronter en tant que missionnaire. Ce qui suit est le témoignage de sa fervente dévotion pour Sainte Philomène : « Dans une autre circonstance, se trouvant en mer avec le Père De Blasio et Ilario, en route vers une mission, ils sont surpris par une très violente tempête, dans laquelle ils se voient face à la mort. Lui reste serein tandis que les autres, effrayés, pleurent. Alors il s’exclame : « Mes fils, ne craignez pas, nous serons sauvés ; faisons le vœu à Sainte Philomène de célébrer la Messe en son honneur dès que nous toucherons le rivage et il ne nous arrivera aucun mal. » La promesse prononcée, le temps devint calme, et ses compagnons attestèrent avoir vu à côté de lui, pendant le danger, une jeune fille au visage angélique qu’ils reconnurent comme Sainte Philomène. »

g – Le Vénérable Jean Claude Colin (1790- 1875)

Père J. C. Colin fut un grand dévot de Sainte Philomène. Orphelin de père et de mère, à l’âge de quatorze ans, il entra au Séminaire de Saint Jodard. Il passa ensuite par ceux d’Alix et de Verrières et enfin celui de Saint Irénée de Lyon où il compléta sa formation théologique et philosophique. Ordonné prêtre en 1816, il fonda la Société de Marie. Le 29 avril 1836, le Pape Grégoire XVI approuva la Congrégation des Maristes et, en 1837, Colin fut élu Supérieur Général de celle-ci. Les Maristes, sous son autorité, se consacrèrent à l’instruction de la jeunesse, aux missions locales et à celles de l’étranger surtout dans la lointaine Océanie, avec beaucoup de réalisations sur le plan religieux et humain. Père Colin s’en remettait à Sainte Philomène avec le même amour et la même confiance que le Curé d’Ars. A Belley, dans l’ex-couvent des Capucins, il créa un oratoire dédié à l’Immaculée Conception dans lequel il installa une statue de Sainte Philomène.

  1. Hommes célèbres et simples fidèles, dévots de Sainte Philomène

 

a – Mère Marie Thérèse (1809-1863)

Mère Marie Thérèse, fondatrice de la Congrégation de l’Adoration Réparatrice, doit sa vocation à Sainte Philomène. Cette religieuse, de nom laïc Teodolinde Dubouché, jeune, joyeuse et étourdie étudiait la peinture. Et ce fut par ce chemin que Dieu la conduisit vers les hauteurs les plus belles. En effet, c’est en peignant un grand portrait de Sainte Philomène, qui se trouve actuellement dans la Cathédrale de Bayeux, que Mademoiselle Dubouché parvint à la conversion et à la vocation.

 

b – L’Abbé Louis Petit (1852-1914)

Après la mort de Don Francesco De Lucia (1847), de Jean-Marie Vianney (1859), et de Pauline Jaricot (1862), un autre grand apôtre de Sainte Philomène se distingua, l’Abbé Louis Petit (fig.24), qui travailla sur Paris. Né à Colombey-les-Deux-Eglises, le 15 juin 1852, il avait cultivé au sein de sa famille son amour pour Sainte Philomène. Il était séminariste quand ses parents déménagèrent à Paris pour s’installer dans la circonscription de la paroisse Saint-Gervais, la seule de la capitale où le culte de Sainte Philomène fût bien enraciné. En 1872, alors qu’il était séminariste, il fonda le périodique L’Echo de Sainte-Hélène qu’il réussit à publier pendant deux ans. Il n’était pas encore prêtre quand il publia aussi Histoire du culte de Sainte Philomène. En 1879, il fut ordonné prêtre et, deux ans plus tard, il entra dans la Congrégation de Saint Vincent de Paul où il conservera, jusqu’à sa mort, la direction du Messager de Sainte Philomène qu’il avait fondé en 1876. Le but de son existence fut la diffusion du culte de Sainte Philomène et pour cela il créa un centre à partir duquel il pouvait irradier. À la rue Dantzig, dans le quartier parisien du haut Vaugirard, il fit construire une jolie chapelle dédiée à Sainte Philomène : de là partirent pour la France et pour le monde ses écrits et son Messager. En 1883, il obtint, de la Sacrée Congrégation des Rites, l’approbation du Cordon de Sainte Philomène dont il diffusa la dévotion grâce à son périodique. Louis Petit eut aussi l’idée de fonder L’Œuvre de Sainte Philomène qui se proposait l’éducation chrétienne et le retour à la foi des classes laborieuses. Il eut la joie de voir cette association charitable devenir par un acte officiel du Pape Pie X, le 21 mai 1912, une Archiconfrérie Universelle. À Rome en 1902, grâce à son initiative, on célébra d’une façon solennelle le premier centenaire de la découverte du corps de Sainte Philomène, événement qui eut une grande résonance. C’est à lui que fut fait l’honneur de clore les festivités par une messe solennelle chantée. L’Abbé Petit vint à Mugnano pour vénérer Sainte Philomène en 1883 et en 1902. Il put, à l’occasion de la célébration de la Sainte Messe, utiliser le splendide missel offert par le Pape Léon XIII. Il mourut à Paris en l914, tout entier au service de la Sainte qu’il aima et vénéra intensément.

c – Une liste interminable

 

Dans le monde, les personnes de toute condition sociale qui ont vénéré Sainte Philomène sont innombrables. En voici seulement quelques-unes. Père Joseph Varin, un de ceux qui ont restauré la Compagnie de Jésus en France, prononçait au moins quarante fois par jour le nom de la Sainte et célébrait chaque année une messe au Sanctuaire dédié à la Sainte; Père O’Sullivan propagea le culte de Sainte Philomène au Portugal, en Irlande et aux USA. Beaucoup de lettrés et d’artistes ont eu de l’admiration et une dévotion pour la Sainte : Michel de Saint Pierre, romancier catholique français, dans sa biographie sur le Curé d’Ars manifeste une grande sympathie pour Sainte Philomène ; Jean Dupré consacra à Sainte Philomène ses premières œuvres; les poètes italiens Giuseppe Borghi et Silvio Pellico composèrent des hymnes en l’honneur de la « Vierge pure » et de l’« Invincible Martyre ». De nombreux cardinaux, archevêques et évêques de tous les continents sont venus rendre hommage à Sainte Philomène à Mugnano et ont laissé leurs ex voto. Citons quelques noms : le Cardinal Louis Ruffo Scilla, Archevêque de Naples qui fit don au Sanctuaire d’une statue de Sainte Philomène ; le Cardinal anglais Thomas Weld ; le Cardinal Jacques Philippe Franzoni, Préfet de Propaganda Fide ; le Cardinal Louis Lambruschini, secrétaire de Pie IX ; le Cardinal Ange Mai, Préfet de la Bibliothèque Vaticane ; le Cardinal Gabriel de la Gerga Sermattei ; le Cardinal Philippe Giudice Caracciolo, Archevêque de Naples. En 1837, l’Archevêque de Cesarea se rendit à Mugnano. En 1852, vinrent au Sanctuaire : l’Evêque de Chicago, Mgr Jean Jacques Oliviero Vande Velede ; Mgr Vincent Spaccapietra, Archevêque de Smyrne ; Mgr Jean Ilario Bost, Evêque de Merida en République du Venezuela. C’est avec raison qu’Ippolito écrit : « Le Sanctuaire de Sainte Philomène à Mugnano est désormais renommé pour les nombreuses visites et les pèlerinages de personnes qui viennent, pour le visiter, des endroits les plus reculés de la Terre. Des ecclésiastiques, des hommes et des femmes remarquables, des gens de tout milieu et de toute condition, de tous les pays, sont venus et affluent dans ce village privilégié, pour vénérer le corps sacré de l’invincible Héroïne, en reconnaissance des grâces reçues et pour implorer sa protection. »

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Fig. 21La basilique de Sainte Philomène en Ars (France). Le Curé d’Ars, pour rassembler les fonds considérables nécessaires pour sa construction, en 1859, écrivait : « Je prierai le Bon Dieu pour ceux qui m’aideront à construire une belle église à Sainte Philomène. Jean Marie Vianney, Curé d’Ars ». La Basilique, splendide fruit de son très grand amour envers notre Martyre, sera terminée en 1881.

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Fig. 22Le Martyre et le culte de Sainte Philomène en estampes du XIXe siècle.

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Fig. 23La pieuse Reine Marie-Christine de Savoie, épouse de Ferdinand II, Roi des Deux-Siciles. Elle vint plusieurs fois au Sanctuaire de Mugnano, à côté duquel elle souhaita la construction d’un orphelinat pour fillettes. La Reine attribua à l’intercession de Sainte Philomène la naissance de son fils unique, François II, dernier Roi de Naples. Elle mourut jeune et fut regrettée par tous. En 1853 le Pape Pie IX la proclama Vénérable.

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Fig. 24Père Louis Petit. En 1902, sur son initiative, Rome devint pour un jour Ville Philoménienne. Près des catacombes de Priscille se tinrent les festivités du premier centenaire de la découverte du corps de Sainte Philomène, événement de portée internationale. En 1883 et en 1902, il vint à Mugnano.



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